L'édito de Franck Annese

Quand le football indoor est apparu en France, avec ses règles étranges (interdiction de pénétrer la mini-surface de réparation, etc.), les vrais amateurs de football, les purs, les durs, n’y ont pas cru : le football se jouait sur un terrain de foot, un terrain vague, un terrain bitumé, peu importe, il se jouait avec les règles universelles du football, que les buts soient faits de deux poteaux et une barre transversale ou juste de deux blousons. Ce football indoor qui arrivait, avec ses 8 euros de l’heure, devait être l’apanage des joueurs de squash qui préféraient les douches à 10 plutôt qu’à 2. Ces cadres dans l’audit ou le conseil financier qui tombaient la chemise café-cotton pour se donner le frisson du vendredi soir sur un terrain où l’on n’avait pas le droit de fêter ses buts bruyamment pour ne pas gêner les banquiers du terrain d’à-côté qui avaient eux aussi payé le prix de la tranquillité. Curieux, nous, journalistes de SO FOOT, avons essayé ces premiers centres de football urbains qui entouraient stratégiquement la Défense. On a crié à l’arnaque, aux faussaires, au football de contrefaçon. Et puis, on a découvert le Street. Le nom rappelle l’origine du football dans tous les pays du monde, même les plus industrialisés : la rue. Bien vu.
Au Street, le football est à l’honneur : ça joue (bien), ça chambre (beaucoup), ça rigole (franchement) et ça vit (ensemble). L’équipe du Street connaît le football. Avant d’être un business, le Street est une aventure humaine d’amoureux du ballon, et cela se sent. Un football républicain : liberté, égalité, fraternité pourraient être écrites en lettres d’or au-dessus des terrains –même s’ils ont préféré y graffer des références à leurs joueurs préférés, de Maradona à George Weah. Des footballeurs qui ont toujours pensé que le football dépassait le simple cadre du terrain. Sans doute pas un hasard s’ils sont aujourd’hui les anges-gardiens de l’esprit du Street.

Franck Annese, Boss de SO FOOT